Après que les deux enfants d'Aharon aient quitté ce monde, pour être entrés dans la partie sainte (kodech) du michkan (tabernacle) sans en avoir reçu l'autorisation, D. s'adressa à Aharon. Rachi nous décrit ce dialogue à travers l'exemple que donna Rabbi Eléazar Ben Hazaria : un premier docteur conseilla à un malade de ne pas manger froid comme de ne pas dormir dans un endroit frais. Un second docteur lui prescrivit par la suite le même traitement en ajoutant, afin que tu ne meures pas comme est mort untel.
En rappelant à Aharon que la raison pour laquelle D. lui interdit d'entrer spontanément dans la partie sainte du michkan est pour qu'il ne meure pas, l'Eternel est comparable au second docteur. Il est alors beaucoup plus prévenant à son égard que lors de sa première injonction.
Pour autant, quelle est la richesse de cet exemple ? L'avertissement aurait été compris aussi clairement si la parabole avait retenu un homme en bonne santé ingurgitant quelque chose de nocif ?
Aharon avait un profond désir d'entrer dans la partie sainte du michkan (kodech) afin de se délecter de la présence divine. Si D. ne l'avait pas prévenu une seconde fois de ne pas entrer dans le michkan spontanément en lui rappelant qu'il risquait de mourir comme ses deux garçons, il est à supposer qu'Aharon n'aurait pu contenir son désir et serait entré dans la partie sainte du michkan, malgré l'interdiction de l'Eternel.
Seul le rappel que ses deux garçons étaient morts à cause de cela pouvait freiner cette envie.
Tel un homme malade qui sait devoir ne pas consommer d'aliment froid comme ne pas dormir dans un lieu humide. Mais sa fièvre le poussera à enfreindre cette prescription médicale tant cette chaleur interne le fait souffrir. Seule la note du médecin qui souligne le fait qu'il mourra s'il enfreint cette injonction pourra le freiner.
C'est pourquoi Rabbi Eléazar Ben Hazaria nous dépeint ce dialogue entre D. et Aaharon à travers l'exemple d'un malade. Il vient souligner que malgré le très fort désir d'Aharon de se délecter de la présence divine dans le sanctuaire, il ne le fit pas, uniquement à cause du « mémo » que D. avait joint à sa prescription : si tu outrepasses Ma volonté, tu mourras comme tes deux enfants !
Que D. fasse que notre volonté toujours aussi vive de recevoir notre juste Machia'h nous donne le mérite de vivre les temps messianiques dès maintenant
Issu d'un Discours du Rabbi de Loubavitch -Likoutei Sih'ots Vol VII - Paracha A'harei mot